Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole

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Commentaires sur le rapport préliminaire de la commission sur les hydrocarbures de roche-mère

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Bordes (64) le 24 avril 2011 - La mission chargée d’éclairer le gouvernement sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des hydrocarbures de roche-mère vient de remettre son rapport d’étape.

Tout d’abord, un commentaire d’ordre sémantique : la nouvelle appellation « hydrocarbures de roche-mère » nous semble beaucoup plus rigoureuse que celle de « gaz et huiles de schiste ».

Notre commentaire général est que ce rapport est rassurant.
• Il éclaire sur l’importance que pourrait avoir l’exploitation de cette richesse potentielle pour notre pays en relativisant son effet négatif sur l’environnement.
• Il aborde de manière pragmatique les différents aspects de l’exploration et de l’exploitation de ces hydrocarbures à l’issue d’une très large consultation des parties prenantes (professionnels, politiques, administrations, associations).
• Il précise les contours d’un encadrement administratif et technique d’une exploitation future de ces ressources.

 

Nous constatons avec satisfaction que ce rapport reprend nombre d’arguments que nous avons mis en avant dans nos différents communiqués, lettres ouvertes ou courriers avec des internautes :
• Le potentiel français tel qu’évalué par l’EIA : « Avec la Pologne, la rance apparaît être, selon l’étude de l’EIA, le pays d’Europe le plus richement doté de ressources en gaz de roche-mère » (pages 5 et 6).
• Le fait que « le contexte et les conditions d’exploitation en Europe, et singulièrement en France, sont très différents du contexte américain » (page 8).
• La comparaison avec l’attitude du gouvernement polonais qui va prendre prochainement la présidence de l’UE et a mis parmi ses priorités la sécurité énergétique (page 8 et 9).
• Les impératifs macro-économiques de réduction de notre déficit budgétaire et d’amélioration de notre balance commerciale et de l’emploi (page14).
• La reconnaissance des compétences techniques des acteurs majeurs de la sous-traitance : « certains opérateurs sont des grands groupes mondiaux (Schlumberger et Halliburton) et disposent d’une excellente réputation technique parmi les opérateurs pétroliers »(page17).
• L’impact environnemental réduit en terme d’occupation des sols : « Afin de minimiser le nombre d'implantations en surface, les sociétés pétrolières qui envisagent d'exploiter les gaz et huiles de schiste en Europe prévoient d'utiliser des plates-formes compactes, comprenant un puits vertical émettant plusieurs drains horizontaux dans la couche de schiste » (page 19).
• Concernant le très épineux sujet de la fracturation, nous avons relevé les commentaires suivants :
- « Le développement de la fracturation peut être contrôlé en temps réel en utilisant un dispositif de micro-sismique qui détecte et visualise la position des fissures créées. » (page 20).
- Concernant la consommation d’eau « la quantité d’eau nécessaire au forage et à la fracturation d’un puits de gaz de roche-mère serait comprise entre 10 000 et 20 000 m³ (soit à peu près la consommation mensuelle d'une ville de 2000 habitants) ».
- Les quantités d’additifs chimiques, une douzaine selon le rapport loin du chiffre de 700 avancé par les détracteurs, qui relève de l’histoire ancienne (page 21-22).
• La contamination des nappes phréatiques qui a pu être constatée en Amérique du Nord n’a rien à voir avec la fracturation : « Les cas où du gaz naturel s’avère avoir infiltré de l’eau potable ne sont pas liés à des opérations de fracturation hydraulique, selon les conclusions des enquêtes officielles diligentées » (page 30), mais « de défauts dans les tubages et dans les travaux de cimentation » souvent survenus chez des opérateurs peu expérimentés.
• La comparaison avec la géothermie profonde de Soultz-sous-Forêts (page 31) que nous avions évoquée dans notre lettre à Corinne Lepage le 29 mars.
• La nécessaire adaptation de la réglementation (code minier et RGIE) que nous avons d’entrée reconnue comme nécessaire.
• Une meilleure répartition de la manne fiscale que nous avons demandée depuis longtemps.

Il y a par ailleurs dans ce rapport de bonnes idées qui pourraient s’appliquer à tous les forages, de gaz de roche-mère ou pétroliers, gaziers, géothermiques, de stockage de gaz, etc.
Par exemple :
• la révision de la redevance communale (page 37).
• la liste de 20 produits agréés pour la fracturation (page 25), qui seront aussi utilisés en forages conventionnels.
• la réalisation d’un bilan d’émissions de gaz à effet de serre (page 39), ce qui permettrait de se faire une meilleure idée de l’EROEI (Energy Return On Energy Invested).
• la réalisation d’un piézomètre à proximité de la plate-forme de forage (page 26), afin de surveiller la nappe phréatique (cela ne concernerait que la nappe la plus superficielle, sauf à en faire autant qu’il y a d’aquifères d’eau douce dans le sous-sol).

La seule mauvaise idée, qui n’enchante pas non plus les élus des petites communes rurales (page 37) est le raccordement au gaz de la commune (évoquée page 29). Il ne faut pas demander à la compagnie pétrolière de « distribuer » du gaz. Distribuer du gaz est un métier spécifique, qui impose d’assurer la sécurité de tout un réseau, jusqu’à chacun des compteurs installés chez les particuliers. Les sociétés de l’amont pétrolier ne savent pas faire.

En résumé, notre point de vue, d’une partialité totalement assumée, est que ce rapport est du bon boulot. Il met le doigt là où ça fait mal (la communication, les procédures administratives), et formule des recommandations intelligentes. Il ne donne pas un blanc-seing à la profession pétrolière pour exploiter les hydrocarbures de roche-mère, mais il ne ferme pas non plus la porte à la mise en valeur de ressources qui peuvent être très importantes.

Nous osons espérer que nos responsables politiques sauront en tirer les conclusions positives qui les conduiront à revoir leur attitude pour que la France ait enfin une réflexion énergétique courageuse : oui à un principe de précaution intelligemment appliqué, non à son application aveugle faisant obstacle aux progrès de la science et des hommes et nous conduisant inexorablement au déclin.

Jacques Sallibartant                                                                                                                      Jean-Claude Rémondet
Président                                                                                                                                      Vice-président

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